Gretchen Parlato: couleurs vocales
by David Cantin
Collaboration spéciale
Le Soleil, Québec
Le samedi 11 août 2007

Après une première visite l’année dernière au Largo, la jeune chanteuse new-yorkaise Gretchen Parlato revient au Théâtre de la Bordée, ce soir, dans le cadre du Festival de jazz de Québec. Toujours en duo avec le guitariste béninois Lionel Loueke, cette lauréate du Prix Thelonious Monk 2004 propose un mélange de jazz vocal qui tend vers de fortes influences brésiliennes et africaines. Un amalgame aux couleurs exotiques.

Originaire de Los Angeles, cette improvisatrice à la voix délicate ose le grand saut à New York en 2003. Rapidement, son nom circule grâce à de nombreuses soirées dans des clubs tels le Blue Note, le 55 Bar et la Knitting Factory. Très jeune, elle tombe sous le charme de la bossa nova.

« Déjà à l’âge de 13 ans, j’étais en contact avec ce style musical grâce à la collection de disques de mes parents. L’album de Getz/Gilberto demeure encore aujourd’hui une référence. Mes études au département d’ethnomusicologie de UCLA m’ont ensuite permis de mieux comprendre cette grande tradition, grâce à des professeurs comme Kenny Burrell ou Tierney Sutton. »

Avec un album éponyme à son actif, Gretchen Parlato espère pouvoir entrer en studio avant la fin 2007.

« Pour l’instant, je joue en duo avec Lionel, en trio, ainsi qu’en groupe a cappella. Je veux développer mon style, mais en travaillant aussi dans des contextes qui surprennent parfois. J’aime toujours prendre des risques, comme m’associer avec des DJ tels Cut Chemist (anciennement de Jurassic 5) ou Khalil de Self Scientific. »

Avenir prometteur

Avec des fans aussi célèbres que Wayne Shorter et Herbie Hancock derrière elle, cette fille a un avenir des plus prometteurs. Après Québec, elle doit se rendre à l’automne au festival Jazz à la Villette pour un spectacle avec Shorter et quatre autres musiciens d’expérience.

« C’est une chance inouïe pour moi. Il y a également des concerts prévus à Bruxelles, ainsi que dans d’autres villes américaines au cours des prochains mois. À Québec, je vais reprendre mon duo avec Lionel. Son jeu à la guitare s’inspire beaucoup de ses racines africaines. On mise sans cesse à développer une interaction constante sur scène. »

Est-ce difficile de se faire connaître lorsqu’on travaille dans une ville aussi imposante que New York ? « Je me considère vraiment chanceuse, puisque j’ai des dates régulières et je fais de merveilleuses rencontres ici. D’un point de vue artistique, c’est toujours stimulant. Il y a vraiment l’espace nécessaire pour créer. »

On en profite donc pour voir cette chanteuse à l’œuvre, avant qu’elle ne devienne aussi populaire que Bebel Gilberto. La première présentation du Festival de Jazz de Québec s’est mise en branle jeudi dans le quartier Saint-Roch.